Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
mercredi 8 janvier 2014
lundi 1 avril 2013
"Koule Kan, l'écho du cri", film documentaire à découvrir de toute urgence
IRIMI production vous invite à le visionner en copiant ce lien http://vimeo.com/56023782
lundi 5 novembre 2012
Un jour ordinaire au garage de la claire
Le garage de la claire pratique
la réparation automobile selon un mode
artisanal.
La mécanique y est le cœur de
métier, et la vitrine du garage tout comme la conception et l'agencement de
l'espace en témoignent. Il est un lieu où le bloc opératoire figure au premier
plan, sans la frontière cognitive aseptisée d'un comptoir guichet à hôtesse
des succursales où l'on vend le rêve automobile.
L'odeur de cambouis est omniprésente, tout ce que l'on touche salit. En
guise de sas d'entrée, le mécanicien doit traverser l'atelier pour accéder à un
vestiaire de fortune, tout comme le client qui, pour atteindre le bureau et la
caisse, doit se faufiler entre deux piles de roues ou enjamber crics et batteries. Mais, à l'instar de
certains restaurants où le consommateur a désormais vue sur les fourneaux, on ne
constate pas dans le garage de mise en scène mue par souci de l'esthétique,
exception faite des calendriers fixés au mur, nous rappelant que la mécanique
automobile est un univers qui convoque souvent le genre féminin sous ses formes
les plus caricaturales.
Même si le bruit visuel de cette représentation brouillonne éprouve notre perception, au risque d'alimenter le sentiment que nous assistons à une orchestration non maîtrisée, il n'en est rien. Cette organisation nous immerge dans la réalité du processus de réparation de la mécanique automobile, une intrication de corps solides et de corps gras bien éloignée du "high tech" et glamour polissé de l'automobile moderne.
Même si le bruit visuel de cette représentation brouillonne éprouve notre perception, au risque d'alimenter le sentiment que nous assistons à une orchestration non maîtrisée, il n'en est rien. Cette organisation nous immerge dans la réalité du processus de réparation de la mécanique automobile, une intrication de corps solides et de corps gras bien éloignée du "high tech" et glamour polissé de l'automobile moderne.
Ce garage démodé n'en demeure pas moins éminemment actuel, notamment
dans ce qu'il répond à la demande d'une classe sociale populaire dont l'accès
aux concessions automobiles clinquantes est discriminé par le standing et
l'argent. Au garage de la claire, le travail le moins rémunérateur est accepté,
c'est à dire des réparations mécaniques complexes sortant du champ
conventionnel et lucratif de l'échange standard. La mécanique la moins
rutilante y est pratiquée, les propriétaires de voitures de peu n'y sont pas
snobés.
Le garage de la claire nous offre
encore pour quelque temps un espace tangible salutaire, opposable à la
plastique uniforme du showroom glacial des grands garages automobiles.
Un vestige d'une époque sur le
déclin, qu'un élargissement de voie de circulation effacera bientôt du paysage du quartier.
mardi 9 octobre 2012
La fête des masques au Burkina Faso
Parce que les masques sont
souvent figuratifs, en représentant des animaux, les esprits de la forêt ou des
personnages liés aux légendes des familles et des clans du village, les
occidentaux les ont longtemps considéré comme de simples objets esthétiques et
artistiques. Mais les masques ont une fonction sociale importante dans toute
l'Afrique. Ils sont tout d'abord le réceptacle d'une puissance divine. Ils sont
une incarnation visible de l'invisible, qui est crainte, respectée, et
fréquemment vénérée. Les masques sont les esprits du village, ils sont toujours perçus comme des êtres sacrés,
capables d'aider l'homme tout au long de sa vie. Les masques exercent également
une fonction politique, ils sont un principe de culte reconnu par tous et détenu
par un groupe social différent de celui qui détient d'ordinaire le pouvoir.
Seuls "les initiés" sont titulaires de la connaissance exacte du rôle
des masques et de leur emploi. Pendant tout le temps que dure la sortie des
masques, ce sont eux qui gouvernent la société,
en mettant au même rang tous les habitants du village.
Avant la saison des pluies, les
funérailles de personnalités et de chefs coutumiers sont célébrées à l'occasion
de la fête des masques. Cette fête est rythmée par les griots du village aux
sons des percussions des djembés, des baras et des sifflements de la flûte bobo.
C'est un grand moment festif qui fait la part belle à la musique et à la danse,
et où tous les habitants se réunissent dans la joie pour voir danser ce qui est
craint.
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